Pourquoi j’écris de la romance

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Comment s’aimer? Comment aimer l’autre? Comment se laisser être aimé.e ? La romance explore les réponses à ces questions qui, pour moi, tiennent une des clés au bonheur. Quand je parle de romance, je parle d’histoires centrées sur le sentiment amoureux entre des êtres humains. Je ne parle pas des relations toxiques considérées comme un idéal que beaucoup de romans classés en romance sont. Je ne parle pas de littérature érotique, qui peut être classée dans la catégorie romance, mais qui est aussi un genre à part entière parce que le sexe ne nécessite pas d’avoir des sentiments. Ici, je parle strictement de relation sur le plan émotionnel, intellectuel et spirituel. Pourtant, les personnes qui ne supportent pas la romance vont qualifier ce genre littéraire de “stupide”, “irréaliste” et tous les autres adjectifs négatifs pour rabaisser la représentation de ce sentiment que nous recherchons tous. Je pense que les gens sont aussi à l’aise pour attaquer la romance parce qu’ils sont mal à l’aise au simple fait de penser à la vulnérabilité que nécessite l’acte d’aimer et d’être aimé.e.

J’ai grandi en essayant de déterminer ce qu’est l’amour. J’ai dû comprendre que ma définition de l’amour ne correspond pas toujours à la définition que les autres ont. Cependant, peu importe les changements de critères que ma définition de l’amour a connus au fil du temps, il y en a un qui est toujours resté identique. L’amour t’apporte de la joie et le bonheur. Si cela te fait pleurer, alors peut-on parler d’amour ? Et pour moi, c’est là qu’intervient la vulnérabilité. Se confronter à soi-même et être honnête par rapport à ses sentiments, cela demande de la vulnérabilité. La société s’attend à ce qu’on vive d’une certaine façon. La société te dira “voici ce que tu es obligé.e de faire pour avoir le bonheur”. C’est pour cette raison que reconnaître quand on est malheureux.se demande du courage. Cela demande encore plus de courage de se lancer pour obtenir ce qu’on veut, surtout quand on va à l’encontre de la société. Je crois que le bonheur apparaît quand on sait ce qu’on veut et qu’on ne se contente pas de moins. S’aimer est un voyage sans fin. On peut partager ce voyage avec quelqu’un d’autre et c’est ce qui fait que l’amour est l’émotion la plus facile à ressentir mais la plus difficile à garder.

En tant que femme noire/afrocaribéenne, j’ai grandi en essayant de déterminer ce que signifie aimer dans un système oppressif qui tient un miroir reflétant les stéréotypes négatifs sur nous. Comme je l’ai dit dans mon odyssée, je ne me rappelle pas avoir lu des personnages afrocaribéens amoureux et connaissant une fin heureuse. C’est pour cette raison que j’écris de la romance. Je veux voir des personnes Afrocaribéennes qui ont l’amour d’elles-mêmes et qui s’aiment entre elles. Cela signifie-t-il que tous les traumatismes et les souffrances que le système nous inflige disparaîtront ? Absolument pas! Mais l’amour est ce qui aide à continuer à avancer et qui donne de l’espoir quand on a besoin de surmonter la douleur.

Qu’est-ce qui nous apporte le bonheur ? Pour nous, que signifie l’amour ? Comment aimons-nous ? Comment voulons-nous être aimé.e.s ? Il n’y a pas de réponse unique. C’est pour cette raison que j’écris de la romance.


Why I write romance?

How to love yourself? How to love someone else? How to let yourself be loved? Romance explores the answers to these questions which, to me, hold one of the main keys to happiness. When I say romance, I’m talking about stories focusing on love feelings between human beings. I’m not talking about toxic relationships framed as an ideal which a lot of books classified as romance are. I’m not talking about erotica which can fit into the romance category but can be a genre itself as sex doesn’t require talking about feelings. Here I’m strictly talking about a relationship on an emotional, intellectual and spiritual level. Yet, non-romance aficionados will call the genre “stupid”, “unrealistic” and pretty much any negative term to belittle this representation of that one emotion we all crave for. I think people are comfortable attacking romance because it makes them uncomfortable to even think about the vulnerability needed to love and to be loved.

I grew up trying to figure out what love means. I had to understand that my definition of love doesn’t always match the definition of love other people have. However, no matter how much my love criteria changed through the years, there’s one that always remained the same. Love brings you joy and happiness. If it makes you cry, then how can it be love? And to me, this is when vulnerability comes in. It takes vulnerability to confront yourself and to be honest about your feelings. Society expects you to live a certain way. Society will tell you “this is what you must do to be happy”. That’s why it takes courage to acknowledge your unhappiness. It takes even more courage to go for what you want, especially when you’re going against what society says. I believe that happiness comes when you know what you want and won’t settle down for anything less. Loving yourself is an endless journey. You may share this journey with someone else and this is what makes love the easiest emotion to feel yet the hardest to keep.

As a Black/Afrocaribbean woman, I grew up trying to figure out what love means in an oppressive system that holds a mirror of negative stereotypes forced upon you. Like I said in my previous post, I don’t recall reading about Afrocaribbean characters in love and getting their happy ending. This is why I write romance. I want to see Afrocaribbean people who love themselves and love each other. Does it mean that it will make all the trauma and suffering the system inflicts upon us go away? Of course not! But love is definitely what keeps you going and gives you hope when you need to overcome pain.

What makes us happy? What does love mean to us? How do we love? How do we want to be loved? There isn’t just one answer. That’s why I write romance.