Conversation MwenMeMoi

 Il faut que je vous raconte la suite de mon odyssée capillaire. Quand nous avions fait le point il y a un an, j’avais enfin trouvé comment m’occuper de mes cheveux, j’avais osé sortir avec mon afro au cours de l’été 2019 mais je n’avais pas encore la foi d’aller au travail avec mes cheveux naturels. 

Depuis, il y a eu le confinement. J’étais en télétravail donc pas besoin de me faire des tresses. De mars à début juin, j’avais le temps de passer deux heures à me démêler les cheveux, à les manipuler, à les comprendre. Par exemple, j’ai accepté que mon niveau de porosité soit proche de 0. Quand les gouttes d’eau roulent littéralement sur tes cheveux, ils sont impossibles à humidifier en trois coups de vaporisateur comme les Youtubeuses beauté le font. La surprise la plus agréable a été de me rendre compte que je ne perdais pas de cheveux. Au bout de la séance de démêlage, la serviette sur mes épaules et mon peigne étaient presque nets. Même pas besoin de passer un balai car il n’y avait aucun cheveu par terre. Mes cheveux ont continué à pousser pendant l’été sans que je m’en occupe particulièrement, mais la séance nocturne du démêlage est passée de 2 heures à 1 heure.

Juste avant la reprise de septembre, je suis allée faire le plein en produits et en mèches pour faire des tresses. Je “connais” le gérant de cette boutique de Saint-Denis depuis  12 ou 13 ans. Je l’ai vu passer d’un local étroit coincé entre deux grandes enseignes à un espace aussi bien achalandé qu’un supermarché. À chaque fois qu’il a pu me recommander des produits inédits que je regardais avec suspicion, mes cheveux le bénissaient dès la première utilisation. En 10 secondes top chrono, il a toujours été capable de trouver le produit efficace dont j’avais besoin. Avec le recul, je me rends compte que ses recommandations m’ont aidée à persévérer dans ce long chemin de l’entretien de mes cheveux du défrisage à l’afro en passant par le big chop. 

En novembre et décembre, il y a eu un deuxième confinement. J’ai dû travailler en présentiel, mais tout a fermé tellement vite que je n’ai pas eu le temps de refaire des tresses. Je suis donc allée travailler avec un afropuff… Peu importe les réactions des autres, ce qui était important pour moi était de faire entrer la coiffure quotidienne dans mes routines du matin et du soir. Je ne m’en pensais pas capable mais j’ai réussi ! Cela faisait partie de mes objectifs de 2020. Je l’ai atteint un peu par la force des choses mais cela marque bien une étape importante pour moi. En 2021, je passe donc au niveau supérieur : apprendre à faire des coiffures simples. 

Souhaitez-moi bonne chance !