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[Review] “The King of The Dancehall”

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Honnêtement, je n’ai pas les mots. Je me demande si je dramatise, si j’en fais trop… Moins de 24 heures après avoir vu ce film, peut-être que je devrais donner le temps à mon esprit de trouver plus de points positifs.

Je vais juste faire cette review et ne plus jamais penser à ce film. J’ai lu quelques critiques qui partageaient le même point de vue. En résumé, on a de l’espoir pendant les cinquante premières minutes. On se dit, c’est cute, c’est niveau amateur mais il y a de quoi être diverti. C’est du Feel The Noise x You Got Served. Pourquoi pas ? Et les dernières cinquante minutes, on passe de l’incrédulité à la consternation pour finir sur de la résignation. J’aurais voulu vous faire une review bien organisée, plan en 3 parties avec thèse, anti-thèse, synthèse… Je n’en ai même pas envie.

J’avais regardé des interviews de Nick Cannon. Il donnait l’impression d’être sincère dans sa démarche de mettre la culture dancehall en lumière… Je ne vous parlerai pas de la réalisation style clip-vidéo ou télé-réalité qui donnait un packaging flashy. Je ne vous parlerai pas des dialogues super cheesy, des acteurs et actrices sous-titrés en anglais quand ils parlent patois. Je vous parlerai juste de l’histoire qui, pour moi, est l’exemple même d’une incompréhension totale de ce qu’est être un Caribéen au 21ème siècle.

Je suis de l’avis de ceux qui disent que si N.C voulait mettre la culture dancehall en lumière, il aurait dû faire un vrai documentaire : interviewer des artistes locaux connus ou pas à l’international, des crews de danse, des promoteurs de soirées. Au lieu de ça, il se sert de la culture dancehall pour se glorifier lui en tant qu’Américain.

C’est ça, mon problème. Je ne comprends pas la logique de vouloir rendre hommage à une culture en se mettant en avant soi alors qu’on ne fait pas partie soi-même de cette culture.

Déjà le concept “je m’appelle Tarzan, je suis le roi de la jungle, je m’impose au royaume de la dancehall en six mois”. Take a seat… several seats. Tarzan est issu de la diaspora jamaïcaine. C’est une chose de passer sous silence les difficultés dans les relations entre locaux et diaspora pour faire genre le monde de bisounours. C’en est une autre de caricaturer le peu de culture locale mise en scène. Je fulminais sur ses descriptions de la vie là-bas et je ne suis même pas Jamaïcaine.

La représentation des femmes, n’en parlons même pas parce que j’avais juste envie de crier au désespoir. La vierge pure vs. la tentatrice evil, are we being serious right now ? Ces personnages ont zéro dimension. On ne connaît pas leurs rêves, leurs ambitions. On sait juste qu’elles aiment danser et veulent coucher avec Tarzan. Super!

Et la danse dancehall pour Nick Cannon, c’est juste du booty shaking en pum-pum shorts. Les danseurs, eux, ce sont des rude boys, des gangstas, ils sont coooool. Concrètement, Tarzan “maîtrise” la danse en 6 mois. Je ne dis pas que c’est impossible si on s’entraîne quasiment 24H/24. Mais le gars, il débarque là, complètement acculturé, n’a jamais dansé de sa vie (même pas de hip-hop, rien, nada, nothing) et il faut croire qu’il est capable de prendre la tête d’un des meilleurs crews en claquant des doigts. Et non seulement il est à la tête du crew sans avoir le swag, sans avoir une idée de comment ils utilisent leurs tenues pour construire leur image, sans savoir comment plaire au public, mais l se permet le luxe de battre les autres crews sans rien faire d’exceptionnel (on ne le voit même pas chorégraphier une performance). Et tout le monde est à ses pieds, Beenie Man lui-même dit que Tarzan était le vrai “king of the dancehall”.

Je préfère en rire. Oui, il vaut mieux en rire. J’essaye toujours de voir le verre à moitié-plein, mais il ne faut pas exagérer. Oui, cette culture nourrit les plus gros hits de ces 10 dernières années (pour ne pas dire plus). Oui, ses artistes restent dans l’ombre des stars US qui l’utilisent pour leur carrière pop. Mais, est-ce que “King of The Dancehall” était la réponse au désert cinématographique sur le sujet depuis “Dancehall Queen” ? Non.

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