CDTEC #3 : Miami by les transports en commun (1/2)

Si lointaine me paraît l’époque où je passais 3 à 4 heures quotidiennement dans les transports… Je garde le souvenir de la fatigue et de la frustration provoquées par les retards à répétition, le froid ou la promiscuité des heures de pointe. Mais il y a aussi ces rencontres qui m’ont fait sourire, rire, réfléchir. Ce sont ces fragments de vie que je souhaite partager dans mes chroniques de transports en commun.


J’ai passé quelques jours à Miami en juillet 2019. Je ne me suis déplacée qu’en transports en commun (métro et bus). Certes, c’était fatiguant en terme de temps d’attente, mais la propreté et le confort climatisé des véhicules, la bienveillance et la politesse des conducteur.trices, des usagers, compensaient largement. Voici quelques anecdotes :

#1 – La serviabilité

C’est notre premier jour de grand tourisme. Nous sommes au terminal des trains de banlieue. Or, nous devons rejoindre le terminus du métro. C’est en tout cas l’information que mon cerveau est en train de traiter quand une voix au haut-parleur nous fait sursauter : “mais demandez-moi ! Je suis là pour ça.” Nous nous retournons. Un employé à l’aspect grand-père ourson nous fait un grand sourire et nous fait signe de venir à son guichet. Il me dit : ” je ne suis pas méchant. Il faut oser demander.En quoi puis-je vous aider ?” Il nous a fourni toutes les informations nécessaires et nous a souhaité un bon séjour.

#2 – À la maison

Nous empruntons généralement le chemin du retour vers 17 heures, ce qui correspond à l’heure où les gens qui travaillent commencent à rentrer chez eux. Cela nous donne l’occasion d’être en contact avec la population. Le deuxième ou troisième jour, une dame dans la soixantaine monte à bord et s’assoit de l’autre côté de l’allée. Elle sort une grappe de quénettes d’un petit sachet en plastique et se met à manger dans le plus grand des calmes. Je résiste à l’envie de lui demander de m’en donner une. Ma dignité et moi soupiront intérieurement en se rappelant ce goût sucré que nous n’avons pas goûté depuis notre dernier séjour en Guadeloupe il y a une dizaine d’années…

# 3 – Aider

Après un détour à l’épicerie pour se ravitailler en snacks et coca, nous sommes bien chargées pour rentrer à l’hôtel. J’ai demandé l’arrêt laaaargement à l’avance pour avoir le temps de récupérer nos paquets tranquillement et descendre sans stress. Un monsieur genre 65/70 ans assis face à moi m’a dit que l’arrêt est encore loin. Sauf qu’il me le dit en espagnol. Je pense que la panique se reflète dans mon regard parce qu’il répète sa remarque en anglais. Je lui explique pourquoi nous sommes déjà debout. Il acquiesce mais n’a pas l’air convaincu. Environ 15 secondes avant notre arrêt, il tire de nouveau la corde pour faire sonner. Il me redemande si c’est le bon arrêt, je dis oui et le remercie. Il nous sourit et nous lui disons au revoir avant de descendre.

A suivre