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Le Rêve français ou comment raviver mon désir de représentation

Je suis en pleine réflexion depuis deux semaines sur Le Rêve français. Je dois écrire un article pour Plumes noires de France (#selfpromo), mais comme je ne sais pas pour où commencer, je préfère prendre mon temps.

Mon dilemme vient du fait que ce téléfilm remplit bien la fonction d’apporter au grand public une représentation d’une histoire ignorée mais la façon dont il le fait ne me satisfait pas… Et ayant une vague idée de la difficulté pour ce genre de projets de voir le jour, je n’ai pas envie non plus d’y apporter de la négativité juste à cause de ma subjectivité et de ma sensibilité… Mais j’ai envie d’en parler quand même. Tout ce que je dis est dans le calme et dans le respect.

Je laisserai toute considération féministe pour mon article pour PNDF. Ici, j’évoquerai juste les interrogations que ce téléfilm m’a données et mon espoir de voir d’autres oeuvres apportées leur pierre à l’édifice. Au final, je pense que c’était le but de ses créateurs.

Vivre dans la Guadeloupe des années 60

Je le répète à chaque article sur une fiction grand public qui se tourne en Guadeloupe, mais ce serait bien que les décors fassent dire d’un premier coup d’oeil “c’est en Guadeloupe” et pas juste “oh la jolie carte postale qui pourrait être dans n’importe quelle île”. Comme le Rêve français devait montrer la Guadeloupe post-second guerre mondiale/début-Trente Glorieuses, multiplier les décors autre que la plage, la case en tôle et la maison moderne était difficile. Il aurait fallu des reconstitutions, des lieux historiques rénovés, bref, beaucoup de sous. Néanmoins, quand je vois les street photos sur Instagram, tellement de lieux ont le potentiel de donner une identité visuelle historique à la Guadeloupe… Je ne parle pas de monument ou de lieux symboliques comme le Memorial ACTE qui sera probablement un incontournable désormais. Je parle des espaces communs, des lieux de vie comme les rues, les écoles, le marché, les transports en commun etc… Tout ces marqueurs d’une époque qui se transmettent par les photos et par les mots mais encore peu par les images animées. Le Rêve français laisse donc entrevoir un mode de vie pour lequel j’ai littéralement 0 référence de représentation audiovisuelle.

Être ado dans la Guadeloupe des années 60

Blâmez mon habitude des dramas qui passent 4 à 5 heures sur 16 à développer l’enfance et l’adolescence des personnages, mais j’aurais aimé voir davantage le mode de vie des adolescents de l’époque. Aller à la plage, d’accord. Mais c’était quoi une fête entre jeunes de l’époque ? Quelle musique écoutaient-ils ? Quels étaient les débats autour des modes vestimentaires ? Le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis avait-il une influence quelconque sur leur vision de la société ? Samuel n’avait-il aucune autre aspiration que d’être un sportif de haut niveau ? Qu’est-ce qu’avoir le bac représentait pour un jeune Antillais de l’époque ? Que faisait-on après le bac ? Quelles étaient les débouchées ? Je sais que ce n’était pas le but de l’histoire, mais la question qui m’animait pendant toute la première partie était c’est quoi être un ado antillais des années 60 ? Depuis que j’ai lu Au coeur du giraumon et ai vu le Gang des Antillais, je rêve tellement de références audiovisuelles pour des personnages de jeunes Afroantillais des 60’s… Quelque soit l’époque, en fait, car Neg’ Maron était il y a plus de dix ans désormais.

Je n’ai aucune idée de ce qu’a été la jeunesse de mes grands-parents. A ma connaissance, ma grand-mère n’a jamais quitté l’île. Ils sont décédés avant que je n’ai le temps de poser la question. Aurais-je même eu l’idée de la poser ? Pour l’instant, les fictions audiovisuelles sont soit dans une démarche historique/politique soit dans une démarche comique totalement dépolitisée. Mon souhait serait qu’on donne de l’importance aux Antillais en explorant leur humanité. Des Antillais qui ont dû quitter leur île pour survivre, il y en a beaucoup. Des Antillais qui ont passé leur vie sur leur île, il y en a aussi. Leur jeunesse, leurs rêves non-français méritent aussi d’être racontés.

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