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Retour sur le séminaire “Entre les Afriques et la France : des cinémas”

Mon boulot est tellement chronophage que je me suis promise d’essayer vraiment de prendre du temps pour moi, de me cultiver, de faire des choses qui n’ont aucun rapport avec mon travail. C’est ce que j’ai fait cette semaine.

Le 10 janvier, j’ai assisté à la séance “entre les Afriques et la France : des cinémas” organisé par @GhislainT_ dans le cadre du cycle de séminaires “Afriques transversales”. Je me suis longtemps tâtée avant d’y aller parce que c’était un soir de semaine et que je savais que je rentrerais au plus tôt à 22h30. Comme d’hab, c’est parce que @_Fouye m’a hypée que j’ai fini par renoncer à la chaleur de mon lit pour me retrouver à l’ENS de la rue d’Ulm à 19 heures. Sous la pluie. A chercher comment entrer. J’ai fini par y arriver. Ensuite, il a fallu trouver la salle. Elle était facile d’accès en fait, mais je n’ai pas vu de papier indiquant le chemin à suivre. J’ai donc fait ce que nous faisons toutEs dans ce cas. J’ai suivi les seuls Noirs présents dans l’entrée et ils m’ont menée à la salle. Je vous épargne l’histoire sur comment mon unique stylo bleu a disparu au cours de la soirée qui, au final, fut enrichissante. La journaliste Claire Diao et l’acteur Steve Achiepo étaient présents pour parler de leurs expériences.

Tout a commencé par un blind test avec promesse de récompense à la fin (d’ailleurs, qu’en est-il de la récompense ? A-t-elle été remise pendant l’after où je ne pouvais pas aller ? * sad panda *). Cette entrée en matière a permis de poser les deux axes de la discussion : la double culture des cinéastes noirEs françaisEs et la difficulté qu’iels ont à se faire connaître du grand public, et même dans l’industrie.

Les doubles cultures

Ayant choisi l’expression “Double Vague” comme titre de son livre, Claire Diao définit la “double culture” par rapport au fait que ces artistes sont fils et filles d’immigréEs, ce qui signifie qu’iels se sont construitEs à partir de leur culture familiale (intérieur) et la culture franco-française (extérieur). Il y a aussi double culture dans le sens où ces artistes n’ont généralement pas un parcours académique. Leur art ne s’est pas construit de façon linéaire en passant par les écoles spécialisées, en étudiant la théorie. Iels ont généralement connu une formation en autodidacte, avec des projets autoproduits avant de s’insérer de fait dans l’industrie cinématographique française. Steve Achiepo a ajouté que, pour lui, la double culture s’applique aussi au fait que son premier véritable lien avec le cinéma en tant qu’art est passé par le cinéma asiatique qu’il a découvert par hasard à l’adolescence avec ses amis. Ainsi, son monde des représentations et ses références ne se limitent pas aux Etats-Unis ni à la France.

Une industrie à l’organisation obsolète ?

En 2018, seulEs les initiéEs sont conscientEs que la France possède un vivier de talents dans les quartiers populaires. En expliquant la genèse du programme itinérant de courts-métrages “Quartiers Lointains”, de la revue de critiques cinéma “Awotele” et de la société de diffusion Suduconnexion, Claire Diao a souligné l’importance de créer du lien entre ces artistes dans un premier temps, puis entre ces artistes et le grand public dans un second temps. Quant à Steve Achiepo, il a expliqué la difficulté de trouver des financements pour des projets qui sortent des schémas attendus par l’industrie. Que ce soit en tant qu’acteur ou réalisateur, se pose toujours la question voire le dilemme de compromettre ses valeurs simplement pour vivre de son métier. Le côté passion se trouve donc toujours en balance avec le côté business.

De l’importance de la transmission

On y revient encore et toujours. Le fait que le cinéma français propose un système de représentation où les NoirEs tiennent généralement des rôles subalternes perpétuent l’idée qu’iels ne peuvent accéder aux rôles complexes et intéressants. L’accès aux commissions validant les projets fait partie des enjeux actuels. Avoir des concernéEs aux postes-clés pour prendre les décisions est primordial pour faire bouger les choses.

De plus, le rayonnement de Paris a été décrit comme un catalyseur mais aussi un frein à cette diversification dans les récits portés sur grand écran. Ainsi, les exemples de réussite populaire donnent cette impression que ces créateur.trices ne sont que des étoiles filantes. Alors que les médias les mettent sous le feu des projecteurs du jour au lendemain, iels semblent avoir du mal à capitaliser sur leur succès grand public et à s’imposer de façon durable. Leur manque apparent de longévité a de quoi dissuader les jeunes qui voient le cinéma comme “quelque chose qui n’est pas pour eux”. Pourtant, toutes ces oeuvres qui ont autant de difficulté à circuler sont le témoignage qu’iels existent, que leur vécu est légitime et mérite d’être raconté, qu’iels ont le droit de prétendre à entrer dans ce monde. De même, connaître les cinémas africains est une autre façon d’encourager l’ouverture culturelle.

Je salue bien évidemment l’évocation des Outremers, notamment la Guadeloupe où l’industrie cinématographique est dans une phase active. D’ailleurs, il me semble qu’évoquer le Théâtre Noir aurait été une bonne référence historique. Ces comédien.nes antillaisEs et africainEs ont défendu et promu pendant une vingtaine d’année une  culture française ignorée. A mon sens, la génération d’artistes de cette double vague sont les héritiers d’une longue tradition créatrice multiculturelle et d’une volonté de s’imposer dans un paysage audiovisuel où iels doivent se battre pour franchir les limites qui leur ont été posées.

Au fait, en combinant nos connaissances, @_Fouye et moi avons reconnu 5 films du blind test.

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