“Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l’esclavage sera encouragée et favorisée.” (Art. 2 de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.)

 

 

Enfant, j’étais contente d’avoir un jour férié en plus au mois de mai.

Après avoir remonté le temps en partant des Antilles des années 2000 avec Nèg Maron pour arriver aux Antilles du XVIIIe siècle avec Tropiques amers et Case Départ, faisons une escale du côté de l’Amérique du Nord avec The Book of Negroes (2015) et Underground (2016). Alors que la saga Roots fête ses 40 ans l’année prochaine et que son reboot 2016 sera diffusé dans quelques jours, la production nord-américaine sur la question de l’esclavage aux Etats-Unis continue d’explorer le sujet dont le système de représentation évolue.

Après Nèg maron et Tropiques amers, intéressons-nous au film Case Départ. La polémique que le film a déclenchée dès le tournage montre à quel point le sujet de l’esclavage est sensible pour notre génération du début du XXIe siècle. Au-delà de l’aspect comédie et de la question “peut-on rire de l’esclavage” parce que ce n’est clairement pas le propos du film, on peut quand même s’interroger sur la façon dont le film perpétue ou change l’approche française dans la représentation de l’esclavage aux Antilles.

Pour ce second voyage dans mes souvenirs, j’ai choisi Nèg Maron de Jean-Claude Barny. Je l’intègre dans la thématique de la représentation de l’esclavage parce qu’il traite des inégalités au sein de la société antillaise du XXIe siècle en les reliant à la société structurée autour de l’esclavage légalisé entre le XVIIe et le XIXe siècle.

Je voulais en faire une review, mais en toute franchise, le film m’a laissé plus d’interrogations qu’un enthousiasme débordant, donc je préfère m’abstenir . Néanmoins, du fait même de sa simple existence, je considère Nèg Maron comme un film important en tant que pierre à l’édifice du cinéma antillais.