Loin de l’Afrique, près du coeur avec “Columbus” de Burning Spear

Première étape de ce voyage dans le temps : le lien à l’Afrique. Les chansons des prochains jours permettront de retracer les adieux faits dans une douleur transformée au fil du temps en une autonomie et individualité qui n’empêchent pas une certaine nostalgie ou tendresse pour ce continent d’origine.

Tout a commencé quand “Christophe Colomb a découvert l’Amérique”. C’est ce que nous apprenons à l’école. Rappelons malgré tout qu’il est impossible de découvrir des terres déjà habitées. Arawaks et Caraïbes étaient déjà présents. C’est pour cette raison que Burning Spear chante que “Christopher Colomb est un sacré menteur” dans son titre “Columbus” extrait de l’album “Hail H.I.M” sorti en 1980.

Myinsaeng célèbre l’abolition de l’esclavage en mai (2017)

Un an s’est déjà écoulé depuis mon dossier sur la représentation audiovisuelle de l’esclavage. Dès la publication du dernier article, je m’étais attelée à la préparation d’un second numéro : “Esclavage transatlantique et musique”.

En 1804, Haïti proclame son indépendance après une lutte de plusieurs siècles. En Guadeloupe, en Martinique, et en Guyane où les marrons ont aussi fait trembler les riches propriétaires, l’esclavage a été aboli en 1848. Aux Etats-Unis, c’était en 1865. Au Brésil, c’était en 1888. Les sociétés contemporaines portent encore les traces des injustices et inégalités créées par le système esclavagiste. Il est difficile de changer le point de vue duquel l’Histoire est racontée, mais la musique, elle, sait.

Expression de la souffrance et des victoires, agent de transmission entre générations, porteuse de tradition, voix de la révolution, la musique d’hier, d’aujourd’hui est un témoin à part entière de cette Histoire. Reggae, hip-hop, gwo ka, kompa, zouk, boléro… Les genres musicaux sont multiples pour explorer l’histoire de l’esclavage transatlantique *, pour chanter le passé et le présent des AfrodescendantEs du XXIème siècle.

Akiyo – Lafrik

Cette chanson du groupe Akiyo résume en 4 minutes l’Histoire des esclaves et la situation actuelle des AfrodescendantEs.

Le voyage de l’Afrique à la Caraïbe, aux Amériques et la mise en esclavage.

Les combats pour la liberté.

La situation économique et politique post-esclavage.

Le désir voire le besoin d’unité entre Caribéens pour avancer.

Ce sont les quatre thèmes que j’ai retenus pour ce dossier dont le but est de retracer l’Histoire de l’esclavage transatlantique et ses conséquences aujourd’hui. Rendez-vous dès demain pour remonter le temps et explorer l’Histoire que cette “découverte de l’Amérique” a engendrée.

 

* L’Histoire du côté des océans Pacifique et Indien est aussi riche et intéressante, mais je suis de la Caraïbe donc je ne me risquerai pas à parler de ce sujet par rapport à une autre partie du monde.

Welcome to my insaeng~

Hello les amigos!

Petite annonce. Le blog s’appellera désormais myinsaeng. C’est une combinaison pour associer les langues que je parle, en plus du français. “My” qui signifie “ma” en anglais et “insaeng” qui signifie “vie”.

Le contenu ne change pas. Vous continuerez à trouver des reviews, des moments fangirl et des extraits de mes souvenirs.

A très bientôt !

Cinéma, télévision, entre devoir de mémoire et de transmission

“Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l’esclavage sera encouragée et favorisée.” (Art. 2 de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.)

 

 

Enfant, j’étais contente d’avoir un jour férié en plus au mois de mai. Continue reading “Cinéma, télévision, entre devoir de mémoire et de transmission”

The Book of Negroes, Underground, les femmes dans la représentation de l’esclavage

Après avoir remonté le temps en partant des Antilles des années 2000 avec Nèg Maron pour arriver aux Antilles du XVIIIe siècle avec Tropiques amers et Case Départ, faisons une escale du côté de l’Amérique du Nord avec The Book of Negroes (2015) et Underground (2016). Alors que la saga Roots fête ses 40 ans l’année prochaine et que son reboot 2016 sera diffusé dans quelques jours, la production nord-américaine sur la question de l’esclavage aux Etats-Unis continue d’explorer le sujet dont le système de représentation évolue.

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“Case départ” ou le trouble dans la représentation de l’esclavage

Après Nèg maron et Tropiques amers, intéressons-nous au film Case Départ. La polémique que le film a déclenchée dès le tournage montre à quel point le sujet de l’esclavage est sensible pour notre génération du début du XXIe siècle. Au-delà de l’aspect comédie et de la question “peut-on rire de l’esclavage” parce que ce n’est clairement pas le propos du film, on peut quand même s’interroger sur la façon dont le film perpétue ou change l’approche française dans la représentation de l’esclavage aux Antilles. Continue reading ““Case départ” ou le trouble dans la représentation de l’esclavage”

Tropiques Amers, quelle représentation de l’esclavage aux Antilles ?

Disclaimer: les photos sont de Patrick Glaize. Elles sont toutes disponibles sur le site officiel du feuilleton.

Réalisé par Jean-Claude Barny et produit par Elizabeth Arnac pour Lizland Films, le feuilleton Tropiques Amers avait été célébré en 2007 comme la première saga française sur l’esclavage. Continue reading “Tropiques Amers, quelle représentation de l’esclavage aux Antilles ?”

#cinemaantillais : voyage dans mes souvenirs avec “Nèg Maron”

Pour ce second voyage dans mes souvenirs, j’ai choisi Nèg Maron de Jean-Claude Barny. Je l’intègre dans la thématique de la représentation de l’esclavage parce qu’il traite des inégalités au sein de la société antillaise du XXIe siècle en les reliant à la société structurée autour de l’esclavage légalisé entre le XVIIe et le XIXe siècle.

Je voulais en faire une review, mais en toute franchise, le film m’a laissé plus d’interrogations qu’un enthousiasme débordant, donc je préfère m’abstenir . Néanmoins, du fait même de sa simple existence, je considère Nèg Maron comme un film important en tant que pierre à l’édifice du cinéma antillais. Continue reading “#cinemaantillais : voyage dans mes souvenirs avec “Nèg Maron””